Une fois le diagnostic posé, la copropriété se trouve face à trois familles de solutions techniques. Aucune n’est universellement meilleure : le bon choix dépend de l’âge des colonnes, du matériau d’origine, du taux de sinistralité observé et de la trésorerie disponible. Voici le panorama honnête :
(a) Réparation ponctuelle des tronçons défectueux
On ouvre, on remplace le segment fuyard, on referme. Cette approche prolonge la vie du réseau de 15 à 25 ans sur le tronçon traité. Coût immédiat faible (200 à 600 € par intervention), mais cumulé sur 5 ans pour une copropriété en fin de cycle, on dépasse souvent 4 000 à 8 000 € sans rien avoir réglé en profondeur. À privilégier uniquement si le diagnostic conclut à des défauts isolés sur un réseau sain.
(b) Chemisage intérieur par résine époxy (cured-in-place)
Technique de réhabilitation sans tranchée : on introduit une gaine en feutre imprégnée de résine époxy à l’intérieur de la canalisation existante, on la plaque contre la paroi par pression d’air, on durcit à l’UV ou à la vapeur. Le tube ainsi créé a une durée de vie de 50 ans minimum, sans aucune casse de mur ni dépose de carrelage.
- Coût : 35 € à 55 € TTC par mètre linéaire selon diamètre et accessibilité.
- Conforme NF P41-201 pour la potabilité (résines certifiées ACS – Attestation de Conformité Sanitaire).
- Délai chantier court : 2 à 5 jours pour une colonne complète de 6 étages.
Idéal pour les copropriétés où la casse des murs entraînerait une remise en état très coûteuse (parquets anciens, faïences d’époque, locataires en place).
(c) Renouvellement complet des colonnes
Dépose intégrale et remplacement par du multicouche PEX-AL-PEX ou du cuivre. Durée de vie 50 ans et plus. Coût constaté en France pour les copropriétés de 20-30 lots : 80 € à 130 € par mètre linéaire posé, hors remise en état des gaines techniques et reprise des cloisons.
Avantage décisif : le renouvellement complet est éligible aux aides à la rénovation énergétique lorsqu’il est couplé à un calorifugeage des conduites d’eau chaude (jusqu’à 30 % de pertes thermiques évitées). Cumul possible avec MaPrimeRénov’ Copropriétés et l’Eco-PTZ collectif.
La règle de décision simple : si plus de 30 % des tronçons sont diagnostiqués en fin de vie, le renouvellement complet devient plus économique sur 20 ans que les réparations en chaîne. En dessous, le chemisage est généralement le meilleur compromis.