Veille juridique copropriété — semaine 20 de 2026






Veille juridique copropriété & immobilier — semaine du 11 au 17 mai 2026 — Mes Droits IMMO



Veille juridique · Semaine 20 — 11 au 17 mai 2026
Édition n° 1 · rubrique hebdomadaire

Veille juridique copropriété & immobilier — semaine du 11 au 17 mai 2026

Les nouveautés réglementaires, jurisprudentielles et administratives que tout copropriétaire actif doit connaître.

Les 5 actualités phares de la semaine

Cette semaine, l’agenda copropriété est dense : la rédaction a sélectionné cinq dossiers qui produisent un effet direct sur les charges, les obligations des syndics et les droits individuels des copropriétaires.

  • DPE et passoires thermiques : l’interdiction de location des logements classés G est entrée en vigueur le 1er janvier 2025, prochaine échéance pour les F au 1er janvier 2028 (loi Climat & Résilience).
  • Audit énergétique obligatoire des copropriétés : calendrier de bascule en vigueur depuis 2024-2025 pour les copropriétés de plus de 200 lots, et bascule prévue pour les copropriétés de 50 à 200 lots au 1er janvier 2026.
  • MaPrimeRénov’ Copro 2026 : dispositif maintenu et recentré sur les rénovations performantes, gestion par l’Anah, plafond et taux ajustés selon la classe énergétique de départ.
  • Contrat type de syndic (annexe 1 du décret 2015-342) : rappel de la liste limitative des prestations particulières facturables hors forfait, point de vigilance récurrent en début de saison d’AG.
  • Jurisprudence Cour de cassation 3e civ. : rappel de la portée de l’arrêt du 18 janvier 2018 (n° 16-26.011) sur la notion de partie commune spéciale et les conséquences de vote des travaux.

1. DPE : la marche du calendrier énergétique en 2026 et la prochaine échéance 2028

Le calendrier d’interdiction de mise en location des passoires thermiques continue de produire ses effets : classes G sorties du marché locatif depuis le 1er janvier 2025, classes F au 1er janvier 2028, classes E au 1er janvier 2034.

La loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets (dite « Climat & Résilience ») a institué un calendrier progressif d’interdiction de mise en location des logements les plus consommateurs d’énergie, codifié à l’article 17 de la loi du 6 juillet 1989 et à l’article L173-2 du Code de la construction et de l’habitation.

Ce qui s’applique aujourd’hui

Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G sur le DPE est qualifié de « logement énergétiquement indécent » et ne peut plus faire l’objet d’un nouveau bail d’habitation. Les baux en cours peuvent se poursuivre, mais leur renouvellement ou la révision de loyer sont conditionnés à la sortie de la classe G…

Ce qui se prépare pour 2028

L’interdiction sera étendue aux logements classés F au 1er janvier 2028, puis aux logements classés E au 1er janvier 2034. Pour une copropriété, ces échéances déterminent les arbitrages d’investissement en travaux d’isolation à inscrire à l’ordre du jour de l’AG sur les deux à cinq prochaines années…

Impact concret pour la copropriété

  • Repérer en amont les lots les plus exposés (DPE déjà établi) et inscrire les travaux d’enveloppe au plan pluriannuel…
  • Anticiper les demandes individuelles de copropriétaires-bailleurs visant à imposer un calendrier de rénovation collectif…
  • Coordonner l’inscription à l’ordre du jour avec l’audit énergétique réglementaire (voir actualité n° 2)…

Frise du calendrier 2025-2034 + check-list AG « passoires thermiques » + modèle d’ordre du jour

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2. Audit énergétique des copropriétés : bascule du calendrier prévue pour les copropriétés de 50 à 200 lots

Le DPE collectif et l’audit énergétique des copropriétés sont devenus progressivement obligatoires : les copropriétés de plus de 200 lots sont concernées depuis le 1er janvier 2024, celles de 50 à 200 lots depuis le 1er janvier 2025, celles de moins de 50 lots à compter du 1er janvier 2026.

La loi Climat & Résilience a généralisé deux obligations distinctes mais souvent confondues : le DPE collectif (article L126-31 du CCH) et l’audit énergétique réglementaire. Le DPE collectif s’impose à toutes les copropriétés équipées d’une installation collective de chauffage ou de refroidissement (puis, à terme, à toutes les copropriétés de bâtiments d’habitation). L’audit, plus poussé, propose des scénarios de travaux chiffrés.

Calendrier en vigueur

Le calendrier d’obligation, fixé par l’article L126-31 du CCH et précisé par décret :

  • Copropriétés de plus de 200 lots : obligation entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2024…
  • Copropriétés de 50 à 200 lots : obligation depuis le 1er janvier 2025…
  • Copropriétés de moins de 50 lots : obligation à compter du 1er janvier 2026…

Impact concret pour la copropriété

  • Le DPE collectif doit être joint au carnet d’information du logement et présenté à l’AG…
  • Vote du plan pluriannuel de travaux (PPT) imposé par l’art. 14-2 de la loi de 1965 issu de la loi Climat : prioriser les scénarios issus de l’audit…
  • Articulation avec le fonds de travaux ALUR (art. 14-2 de la loi de 1965) : cotisation annuelle minimale de 5 % du budget prévisionnel, alimentation conseillée à la hauteur des scénarios audit…

Articulation DPE collectif / audit / PPT : les 9 questions à se poser avant le prochain vote

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3. MaPrimeRénov’ Copro 2026 : dispositif maintenu, recentrage sur les rénovations performantes

Le dispositif MaPrimeRénov’ Copropriété, géré par l’Anah, reste un levier décisif pour financer les rénovations énergétiques globales votées en AG. Le programme a été progressivement recentré sur les rénovations « performantes » (saut d’au moins deux classes DPE).

L’Agence nationale de l’habitat (Anah) instruit la prime collective destinée aux syndicats de copropriétaires : le syndicat dépose la demande, perçoit l’aide, et la déduit de l’appel de fonds adressé aux copropriétaires au prorata des tantièmes. Pour 2026, la logique de fond reste celle du décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 modifié, avec un recentrage sur les rénovations qui permettent un saut significatif de classe énergétique.

Conditions d’éligibilité maintenues

  • Copropriété principalement à usage d’habitation (au moins 65 % de lots à usage de résidence principale)…
  • Immeuble construit depuis plus de 15 ans à la date de la demande…
  • Vote des travaux en AG selon la majorité requise (art. 24, 25 ou 26 de la loi de 1965 selon la nature des travaux)…
  • Maître d’œuvre obligatoire pour les rénovations globales (assistance à maîtrise d’ouvrage ou AMO)…

Impact concret pour la copropriété

  • Le dépôt de la demande Anah doit être anticipé : dépôt avant le début des travaux, sinon perte de l’aide…
  • L’AMO est éligible à la prime : à inscrire à l’ordre du jour avec un mandat clair au syndic…
  • Articulation avec les Certificats d’économies d’énergie (CEE) et l’éco-PTZ copropriétés…

Schéma de l’instruction Anah + check-list des pièces + calendrier-type d’une demande 2026

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4. Contrat type de syndic : rappel de la liste limitative des prestations particulières (décret 2015-342)

À l’approche de la saison des AG, la rédaction rappelle que le contrat type de syndic, annexé au décret n° 2015-342 du 26 mars 2015, fixe la liste limitative des prestations facturables hors forfait. Toute clause additionnelle non prévue est, en principe, réputée non écrite.

La loi ALUR du 24 mars 2014 a imposé un contrat type unique pour les conventions de syndic. Le décret n° 2015-342 du 26 mars 2015 et l’arrêté du 22 mars 2017 (modèle de fiche d’information sur le prix et les prestations proposées par le syndic) en fixent les contours. L’article 18-1 A de la loi de 1965 verrouille le principe : « les honoraires du syndic sont déterminés de manière forfaitaire ».

Le forfait absorbe la gestion courante

Le forfait couvre la totalité des prestations de gestion courante : tenue d’AG annuelle, comptabilité, recouvrement amiable, suivi des contrats récurrents, conseil syndical… Toute facturation supplémentaire pour une de ces prestations est irrégulière…

La liste limitative des prestations particulières

Le décret 2015-342 énumère, en annexe 1, la liste des prestations qui peuvent faire l’objet d’une rémunération particulière : AG supplémentaire au-delà d’une par an, prestations relatives aux travaux soumis à l’art. 14-2 de la loi de 1965, états datés pour mutation, etc. Toute prestation hors de cette liste ne peut pas être facturée séparément…

Impact concret pour la copropriété

  • Lors du vote du contrat de syndic en AG, exiger la production du contrat type modèle…
  • Comparer ligne à ligne les prestations particulières proposées par rapport à l’annexe 1…
  • Vérifier que les heures supplémentaires AG et les déplacements ne sont pas facturés au-delà de ce que prévoit le texte…

Tableau comparatif « forfait vs particulier » + grille de relecture d’un contrat syndic

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5. Jurisprudence : Cass. 3e civ. 18 janvier 2018, n° 16-26.011 — la portée de la notion de partie commune spéciale

La rédaction revient cette semaine sur un arrêt désormais classique de la 3e chambre civile de la Cour de cassation, qui a clarifié les conditions dans lesquelles seuls les copropriétaires concernés par une partie commune spéciale doivent voter et financer des travaux qui s’y rapportent.

L’article 6-2 de la loi du 10 juillet 1965, introduit par la loi ELAN du 23 novembre 2018, a consacré la notion de partie commune spéciale : une partie commune affectée à l’usage ou à l’utilité de plusieurs copropriétaires seulement, et qui ne concerne donc pas l’ensemble du syndicat. La jurisprudence de la Cour de cassation, antérieure et postérieure à la loi ELAN, en a posé les contours opératoires.

Ce que dit la Cour de cassation

La Cass. 3e civ. a rappelé à plusieurs reprises (3e civ. 18 janv. 2018 n° 16-26.011, et arrêts ultérieurs en ligne directe) que seuls les copropriétaires intéressés par une partie commune spéciale participent aux décisions et aux dépenses qui s’y rapportent — à la double condition que la partie commune spéciale soit clairement désignée dans le règlement de copropriété et que le compte de charges spéciales soit individualisé…

Impact concret pour la copropriété

  • Si votre règlement de copropriété mentionne déjà des parties communes spéciales (cage d’escalier d’un bâtiment, chaufferie d’un seul bâtiment d’un ensemble, etc.), la votation et la répartition doivent se faire entre les seuls intéressés…
  • À défaut de mention dans le règlement, la pratique « spontanée » d’un syndic qui fait voter uniquement quelques copropriétaires sur une dépense ouverte à tous est irrégulière et peut être contestée…
  • Lors de toute modification du règlement de copropriété tendant à créer des parties communes spéciales, vérifier le respect de l’unanimité (art. 26-1 selon nature)…

Pourquoi ce rappel cette semaine

La période de printemps voit l’inscription à l’ordre du jour de nombreuses résolutions « travaux par bâtiment » dans les ensembles immobiliers complexes. La rédaction observe que l’irrégularité de répartition est l’une des trois causes les plus fréquentes d’annulation d’AG par les tribunaux judiciaires…

Arbre de décision « partie commune générale vs spéciale » + check-list audit règlement de copropriété

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Veille juridique hebdomadaire · édition n° 1 (semaine 20) · close au 12 mai 2026 · prochaine édition : semaine 21.



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